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Lettre de Jean-Paul II aux artistes

Extraits de Lettre du Pape Jean-Paul II aux artistes, 4 avril 1999

020511_jean_paul_iiVocation et mission

Tous ne sont pas appelés à être artistes au sens spécifique du terme. Toutefois, la tâche d’être artisan de sa propre vie est confiée à tout homme. Dans l’homme artisan se reflète l’image de Dieu Créateur. Quelle est la différence entre ‘créateur’ et ‘artisan’ ? Celui qui crée donne l’être même, il tire quelque chose de rien, et cela, au sens strict, est une façon de procéder propre au seul Tout-Puissant. A l’inverse, l’artisan utilise quelque chose qui existe déjà et lui donne forme et signification. Cette façon d’agir est propre à l’homme en tant qu’image de Dieu.

L’Artiste divin, avec une complaisance affectueuse, transmet une étincelle de sa sagesse transcendante à l’artiste humain, l’appelant à partager sa puissance créatrice. C’est pourquoi plus l’artiste est conscient du ‘don’ qu’il possède, plus est incité à se regarder lui-même, ainsi que tout le créé, avec des yeux capables de contempler et de remercier, en élevant vers Dieu son hymne de louange. C’est seulement ainsi qu’il peut se comprendre lui-même en profondeur, et comprendre sa vocation et sa mission.

Dimension morale et artistique

Une chose est la disposition grâce à laquelle l’être humain est acteur de ses propres actes et est responsable de leur valeur morale ; autre chose est la disposition par laquelle il est artiste, c’est-à-dire qu’il agit selon les exigences de l’art, en accueillant avec fidélité ses principes spécifiques.

Mais si la distinction est fondamentale, la relation entre ces deux dispositions, morale et artistique, n’est pas moins importante. En modelant une œuvre, l’artiste s’exprime de fait lui-même à tel point que sa production constitue un reflet particulier de son être, de ce qu’il est et du comment il est. Dans l’art, il trouve une dimension nouvelle et un extraordinaire moyen d’expression pour sa croissance spirituelle. A travers l’œuvre qu’il réalise, l’artiste parle et communique avec les autres. L’histoire de l’art n’est donc pas seulement une histoire des œuvres, elle est aussi une histoire des hommes.

Spiritualité de l’artiste

La beauté est la vocation à laquelle le Créateur a appelé l’artiste par le don du ‘talent artistique’. Et ce talent aussi est assurément à faire fructifier, dans la logique de la parabole évangélique des talents (Mt 25, 14-30) pour le mettre au service du prochain et de toute l’humanité.

Un artiste conscient de ses devoirs – le dur travail auquel il doit se soumettre, la responsabilité qu’il doit affronter – sait aussi qu’il doit travailler sans se laisser dominer par la recherche d’une vaine gloire ou la frénésie d’une popularité facile, et encore moins par le calcul d’un possible profit personnel. Il y a donc une éthique, et même une spiritualité du service artistique qui, à sa manière, contribue à la vie et à la renaissance d’un peuple.

L’Evangile, source féconde

Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ. Cette manifestation fondamentale du ‘Dieu-Mystère’ constitue un encouragement et un défi pour les chrétiens. En se faisant homme, en effet, le Fils de Dieu a introduit dans l’histoire de l’humanité toute la richesse évangélique de la vérité et du bien, et, en elle, a révélé aussi une nouvelle dimension de la beauté. Ainsi, selon Vatican II, ce « noble ministère des beaux arts contribue-t-il le plus possible à tourner les âmes humaines vers Dieu » (Sacrosanctum Concilium n.122).

Texte intégral de la Lettre aux artistes

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